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BREF CATECHISME D’ALCHIMIE BASE DANS LE MANUEL DE PARACELSE DE LA BIBLIOTHÈQUE DU VATICAN
Article mis en ligne le 31 octobre 2010
dernière modification le 7 janvier 2022

 <span class="caps">BREF</span> <span class="caps">CATECHISME</span> D'<span class="caps">ALCHIMIE</span> <span class="caps">BASE</span> <span class="caps">DANS</span> <span class="caps">LE</span> <span class="caps">MANUEL</span> <span class="caps">DE</span> <span class="caps">PARACELSE</span> <span class="caps">DE</span> <span class="caps">LA</span> <span class="caps">BIBLIOTH</span>È<span class="caps">QUE</span> <span class="caps">DU</span> <span class="caps">VATICAN</span>

D. Quelle est la première étude d’un Philosophe ?
R. C’est une investigation des opérations de la nature.
D. Quelle est la finalité de la nature ?
R. Dieu, comme il en est le commencement.
D. D’où proviennent toutes les choses ?
R. De l’unique et indivisible nature.
D. En combien de régions la nature est-elle divisée ?
R. En quatre régions principales.
D. Quelles sont-elles ?
R. Le sec, l’humide, le chaud, le froid, qui sont les quatre qualités élémen¬taires, d’où toutes choses ont leur origine.
D. En quoi se différencie la nature ?
R. En mâle et femelle.
D. A quoi peut-elle être comparée ?
R. Au mercure.
D. Donnez une définition concise de la nature
R. Elle n’est point visible, quoiqu’elle agisse visiblement, car ce n’est qu’un esprit volatil, qui fait son office dans les corps, et qui est animé par l’esprit universel, le souffle divin, le feu central et universel, qui vivifie tout ce qui existe.
D. Quelle qualité doivent avoir les scrutateurs de la nature ?
R. Ils doivent être tels que la nature elle-même, c’est-à-dire, vrais, simples, patients et confiants.
D. Quelle matière doit attirer leur attention ?
R. Les Philosophes doivent considérer si ce qu’ils proposent est en harmonie avec la nature, si ceci est possible et réalisable, si ce qu’ils veulent accomplir par leur propre vouloir est généralement fait par le pouvoir de la nature ; ils doivent imiter celle-ci dans tous ses détails.
D. Quelle méthode faut-il choisir pour opérer quelque chose à un degré supérieur à ce que la nature a fait ?
R. On doit regarder en quoi et par quoi elle s’améliore, et on trouvera que c’est toujours avec son semblable : par exemple, si on veut étendre la vertu intrinsèque de quelque métal plus outre que la nature, il faut alors saisir la nature métallique elle-même, et savoir distinguer le mâle et la femelle en ladite nature.
D. Où la nature métallique conserve-t-elle les semences ?
R. Dans les quatre éléments.
D. Avec quoi le Philosophe peut-il reproduire quelque chose ?
R. Avec le germe de ladite nature, qui en est l’élixir, ou la quintessence bien meilleure, et plus utile à l’artiste que la nature elle-même. Dès que le Philosophe aura obtenu cette semence ou ce germe, la nature pour le féconder sera prête à faire son devoir.
D. Qu’est-ce que le germe ou la semence de chaque substance ?
R. C’est la plus subtile et la plus parfaite décoction et digestion de la nature même, ou plutôt c’est le Baume du Soufre, qui est identique à l’humide radical dans les métaux.
D. Qui engendre cette semence ou ce germe ?
R. Les quatre éléments, par la volonté de l’Etre Suprême sans l’intervention de la nature.
D. Cannent opèrent les quatre éléments ?
R. Par un mouvement incessant et uniforme ; chacun d’eux selon sa qualité, dépose sa semence au centre de la terre, où elle est digérée, ensuite repoussée au dehors par les lois du mouvement.
D. Qu’entendent les Philosophes par le centre de la terre ?
R. Un certain lieu vide qu’ils conçoivent et où rien ne peut reposer.
D. Où les quatre éléments expulsent-ils ou déposent-ils leurs qualités ou semences ?
R. Dans l’ex-centre, ou la marge et circonférence du centre, qui, après qu’il en a pris une due portion, rejette le surplus au dehors, d’où se forment les excréments, les scories, les feux et même le chaos de la nature.
D. Expliquez-moi cet enseignement par un exemple
R. Etant donnée une table bien plate, en son milieu, dûment posé un vase quelconque, rempli d’eau ; que dans son contour on place ensuite plusieurs choses de diverses couleurs, entre autres, qu’il y ait particulièrement du sel, en observant que chacune de ces choses soient bien divisées et mises séparément, puis après que l’on verse l’eau au milieu, on la verra couleur de ça et de là : ce petit ruisseau venant à rencontrer la couleur rouge, prendra la teinte rouge ; l’autre passant par le sel contractera de la salaison, car il est certain que l’eau ne change point les lieux, mais la diversité des lieux change la nature de l’eau ; de même la semence, jetée par les quatre éléments, au centre de la terre contracte différentes modifications, parce qu’elle passe par différents lieux, canaux, en sorte que chaque chose naît selon la diversité des lieux, et la semence de la chose parvenant à tel endroit, y rencontrerait la terre et l’eau pure, il en résulterait une chose pure, ainsi dans le cas contraire.
D. Gemment et en quelle façon les éléments engendrent-ils cette semence ?
R. Pour une parfaite élucidation de ce point, il faut noter que deux éléments sont lourds et pesants, et les deux autres volatils et deux secs et deux humides, toutefois l’un est extrêmement sec, et l’autre extrêmement humide, et en outre, ils sont aussi masculins et féminins : or chacun d’eux est très prompt à se reproduire identiquement à lui en sa propre sphère : ces quatre éléments ne reposent jamais, mais ils s’agitent continuellement l’un sur l’autre et chacun pousse de soi et par soi ce qu’il a de plus subtil. Ils ont leur rendez-vous général au centre et dans ce centre même de l’Archée, ce serviteur de la nature, où venant à y mêler leurs semences, ils les agitent et les jettent ensuite au dehors.
D. Quelle est la vraie et première matière des métaux ?
R. La première matière proprement dite est de double nature, par elle-même ; néanmoins, l’une sans le concours de l’autre ne crée point un métal. La première et la principale est une humidité de l’air, mêlée avec un air chaud, en forme d’une eau grasse, adhérente à toute chose qu’elle soit pure ou impure.
D. Comment les Philosophes ont-ils norme cette humidité ?
R. Mercure.
D. Par qui est-il gouverné ?
R. Par les rayons du Soleil et de la Lune.
D. Quelle est la seconde matière ?
R. C’est la chaleur de la terre, c’est-à-dire une chaleur sèche que les Philosophes appellent Soufre.
D. Tout le corps de la matière se convertit-il en semence ?
R. Non, mais seulement la huit-centième partie qui repose au centre du même corps, ainsi que l’on peut le voir dans l’exemple d’un grain de froment.
D. De quoi sert le corps de la matière, relativement à la semence ?
R. Pour la préserver de toute excessive chaleur, froideur, humidité ou sécheresse, et généralement toute intempérie nuisible contre lesquelles la matière lui sert d’enveloppe.
D. L’artiste qui prétend réduire tout le corps de la matière en semence, en supposant qu’il y peut réussir, y trouverait-il en effet quelqu’avantage ?
R. Aucun, au contraire son travail deviendrait absolument inutile, parce que l’on ne peut rien faire de bien, sitôt que l’on s’écarte du procédé de la nature.
D. Que faut-il donc qu’il fasse ?
R. Il faut qu’il dégage la matière de toutes ses Impuretés, car il n’y a point de métal, si pur qu’il soit, qui n’ait des impuretés, l’un toutefois plus ou moins que l’autre.
D. A quoi le Philosophe doit-il faire le plus attention ?
R. Aux fins de la nature, il ne doit pas chercher cette finalité dans les métaux vulgaires, parce qu’étant déjà sortie des mains de la formatrice, elle n’est plus en eux.
D. Quelle en est la raison précise ?
R. C’est parce que les métaux du vulgaire, principalement l’or, sont abso¬lument morts, au lieu que les nôtres au contraire sont absolument vifs et ont esprit.
D. Quelle est la vie des métaux ?
R. Elle n’est autre chose que le feu, lorsqu’ils sont encore couchés dans leurs mines.
D. Quelle est leur mort ?
R. Leur mort et leur vie sont un même principe, puisqu’ils meurent également par le feu, mais un feu de fusion.
D. De quelle façon les métaux sont-ils engendrés dans le ventre de la terre ?
R. Après que les quatre éléments ont produit leur force ou leur vertu dans le centre de la terre, et qu’ils y ont déposé leur semence ; l’archée de la nature, en les distillant, les sublime sur leur surface par la chaleur et l’action d’un mouvement perpétuel.
D. En quoi se résout le vent en se distillant par les pores de la terre ?
R. Il se résout en eau de laquelle naissent toutes choses, et ce n’est plus alors qu’une vapeur humide de laquelle se forme ensuite le principe principié de chaque chose, et qui sert de matière première aux Philosophes.
D. Quel est donc ce principe principié, servant de matière première aux Enfants de la Science dans l’Oeuvre Philosophique ?
R. Ce sera cette même matière, laquelle aussitôt qu’elle est conçue, ne peut absolument plus changer de forme.
D. Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, le Soleil, La Lune etc… ont-ils chacun des semences différentes ?
R. Ils ont tous une même semence, mais le lieu de leur naissance a été la cause de cette différence, encore bien que la nature ait bien plutôt achevé son oeuvre en la procréation de l’argent qu’en celle de l’or, ainsi des autres, chacun dans sa propre proportion.
D. Comment se forme l’or dans les entrailles de la terre ?
R. Quand cette vapeur que nous avons dit, est sublimée au centre de la terre, et qu’elle passe par des lieux chauds et purs, et où une certaine graisse de soufre adhère aux parois, alors cette vapeur que les Philosophes ont appelée leur Mercure, s’accommode et se joint à cette graisse qu’elle sublime après avec elle et de ce mélange résulte une certaine onctuosité qui, laissant ce nom de vapeur, prend celui de graisse, et venant après à se sublimer en d’autres lieux, qui ont été nettoyés par la vapeur précédente, et qui ont rendu la terre plus subtile, pure et humide, elle remplit les pores de cette terre, se joint à elle, et c’est alors ce qui produit l’or.
D. Comment s’engendre Saturne ?
R. Quand cette onctuosité ou graisse parvient à des lieux totalement impurs et froids.
D. Comment s’engendre Vénus ?
R. Elle s’engendre alors que la terre est pure, mais mêlée de soufre impur.
D. Quel pouvoir a cette vapeur au centre de la terre ?
R. De subtiliser toujours par son continuel progrès, tout ce qui est cru et impur, attirant successivement avec soi ce qui est impur.
D. Quelle est la semence de la première matière de toutes choses ?
R. La première matière des choses, c’est-à-dire la matière des principes principiants, naît par la nature sans le secours d’aucune semence, c’est-à-dire que la nature reçoit la matière des éléments, de laquelle elle engendre ensuite la semence.
D. Quelle est donc absolument parlant la semence des choses ?
R. La semence en un corps n’est autre qu’un air congelé, ou une vapeur humide, laquelle si elle n’est résoute par une vapeur chaude, devient tout à fait inutile.
D. Cannent la génération de la semence se renferme-t-elle dans le règne métallique ?
R. Par l’artifice de l’archée, les quatre éléments en la première génération de la nature distillent au centre de la terre une vapeur d’eau pondéreuse, qui est la semence des métaux, et s’appelle Mercure, non à cause de son essence, mais à cause de sa fluidité et facile adhérence à chaque chose.
D. Pourquoi cette vapeur est-elle comparée au Soufre ?
R. A cause de sa chaleur interne.
D. Que devient la semence, après la congélation ?
R. Elle devient l’humide radical de la matière.
D. De quel mercure doit-on entendre que les métaux sont composés ?
R. Cela s’entend absolument du Mercure des Philosophes et aucunement du mercure commun ou vulgaire, qui ne peut être une semence, ayant lui-même en soit sa semence corme les autres métaux.
D. Que faut-il donc prendre précisément pour le sujet de notre matière ?
R. On doit prendre la semence seule ou grain fixe, et non pas le corps entier, qui est distingué en mâle vif, c’est-à-dire, Soufre, et femelle vive, c’est-à-dire Mercure.
D. Quelle opération faut-il faire ensuite ?
R. On doit les conjoindre ensemble, afin qu’ils puissent former un germe, d’où ensuite ils arrivent à procréer un fruit de leur nature.
D. Qu’entend donc de faire l’artiste dans cette opération ?
R. L’artiste n’entend faire autre chose, sinon séparer ce qui est subtil de ce qui est épais.
D. A quoi se réduit conséquemment toute la combinaison philosophique ?
R. Elle se réduit à faire d’un deux et de deux un, et rien de plus.
D. Où se trouvent la semence et la vie des métaux et minéraux ?
R. La semence des minéraux est proprement l’eau qui se trouve au centre et au coeur du minéral.
D. Cannent la nature opère-t-elle avec le secours de l’art ?
R. Toute semence, quelle qu’elle soit, est de nulle valeur, si par l’art ou par la nature elle n’est mise en une matrice convenable, où elle reçoit sa vie en faisant pourrir le germe et causant la congélation du point pur ou grain fixe.
D. Comment la semence est-elle ensuite nourrie et conservée ?
R. Par la chaleur de son corps.
D. Que fait donc l’artiste dans le règne minéral ?
R. Il achève ce que la nature ne peut finir, à cause de la crudité de l’air, qui par sa violence a rempli les pores de chaque corps, non dans les entrailles de la terre, mais dans sa superficie.
D. Quelle correspondance ont les métaux entre eux ?
R. Pour bien entendre cette correspondance, il faut considérer la position des planètes, et faire attention que Saturne est la plus haute de toutes, à laquelle succède Jupiter, puis Mars, le Soleil, Vénus, Mercure et enfin la Lune. Il faut observer que les vertus des planètes ne montent pas, mais qu’elles descendent, et l’expérience nous apprend que Mars se convertit facilement en Vénus, et non pas Vénus en Mars, comme étant plus basse d’une sphère, ainsi Jupiter se transmute aisément en Mercure, parce que Jupiter est plus haut que Mercure, celui-là est le second après le firmament, celui-ci est le second au-dessus de la terre, et Saturne le plus haut, la Lune la plus basse, le Soleil se mêle avec tous, mais il n’est jamais amélioré par les inférieurs. On voit clairement qu’il y a une grande correspondance entre Saturne et la Lune, au milieu desquels est le Soleil mais à tous ces changements, le Philosophe doit tâcher d’administrer du Soleil.
D. Quand les Philosophes parlent de l’or ou de l’argent, d’où ils extraient leur matière, entendent-ils parler de l’or ou de l’argent vulgaire ?
R. Non, parce que l’or et l’argent vulgaires sont morts, tandis que ceux des Philosophes sont pleins de vie.
D. Quel est l’objet de la recherche des Philosophes ?
R. C’est la connaissance de l’art de perfectionner ce que la nature a laissé imparfait dans le genre minéral, et d’arriver au trésor de la Pierre Philosophale.
D. Qu’est ce que cette Pierre ?
R. La Pierre Philosophale n’est autre chose que l’humide radical des éléments, parfaitement purifiés et amenés à une souveraine fixité, ce qui fait qu’elle opère de si grandes choses pour la santé, la vie, résidant unique¬ment dans l’humide radical.
D. En quoi consiste le secret de faire cette oeuvre admirable ?
R. Ce secret consiste à savoir tirer de puissance en acte le chaud inné, ou le feu de nature enfermé dans le centre de l’humide radical.
D. Quelles sont les précautions qu’il faut prendre pour ne pas manquer l’oeuvre ?
R. Il faut avoir grand soin d’ôter les excréments à la matière, et ne songer qu’à avoir le noyau, ou le centre qui renferme toute la vertu du mixte.
D. Pourquoi cette médecine guérit-elle toutes sortes de maux ?
R. Cette médecine a la vertu de guérir toutes sortes de maux, non pas à raison de ces différentes qualités, mais en tant seulement qu’elle fortifie puissamment la chaleur naturelle, laquelle elle excite doucement, au lieu que les autres remèdes l’irritent par un mouvement trop violent.
D. Comment me prouverez-vous la vérité de l’art à l’égard de la teinture ?
R. Cette vérité est fondée premièrement sur ce que la poudre physique étant faite de la même matière, dont sont forgés les métaux, à savoir l’argent vif, elle a la faculté de se mêler avec eux dans la fusion, une nature embrasant aisément une autre nature, qui lui est semblable. Secondement, sur ce que les métaux imparfaits n’étant tels que parce que leur argent vif est crud, la poudre physique, qui est un argent vif mûr et cuit, et proprement un feu pur, leur peut aisément communiquer sa propre maturité et les transmuter en sa nature, après avoir fait attraction de leur humide crud, c’est-à-dire de leur argent vif, qui est la seule substance qui se transmue, le reste n’étant que des scories et des excréments, qui sont rejetés dans la projection.
D. Quelle route doit suivre le Philosophe pour parvenir à la connaissance et à l’exécution de l’oeuvre physique ?
R. La même route que le Grand Architecte de l’Univers employa à la création du inonde, en observant cannent le chaos fut débrouillé.
D. Quelle était la matière du chaos ?
R. Ce ne pouvait être autre chose qu’une vapeur humide, parce qu’il n’y a que l’eau entre les substances créées qui se termine par un terme étranger, et qui soit un véritable sujet pour recevoir les formes.
D. Donnez-moi un exemple de ce que vous venez de déclarer.
R. Cet exemple peut se prendre des productions particulières des mixtes, dont les semences commencent toujours par se résoudre en une certaine humeur, qui est le chaos particulier, duquel ensuite se tire comme par irradiation toute la forme de la plante. D’ailleurs il faut observer que l’écriture ne fait mention en aucun endroit, d’autre chose que de l’eau pour sujet matériel, sur lequel l’esprit de Dieu était porté, et la lumière pour forme universelle.
D. Quel avantage le Philosophe peut-il tirer de cette réflexion, et que doit-il particulièrement remarquer dans la matière dont l’Etre suprême créa le inonde ?
R. D’abord, il observera la matière dont le inonde a été créé, il verra que de cette masse confuse, le souverain Artiste commença par faire l’extrac¬tion de la lumière, qui dans le même instant dissipa les ténèbres qui couvraient la surface de la terre, pour servir de forme universelle à la matière. Il concevra ensuite facilement que dans la génération de tous les mixtes, il se fait une espèce d’irradiation, et une séparation de la lumière d’avec les ténèbres, en quoi la nature est perpétuellement imitatrice de son créateur, le Philosophe comprendra pareillement corme par l’action de cette lumière se fit l’étendue, ou autrement le firmament séparateur des eaux d’avec les eaux : le ciel fut ensuite orné de corps lumineux, mais les choses supérieures étant trop éloignées des inférieures, il fut besoin de créer la lune, corme flambeau intermédiaire entre le haut et le bas, laquelle après avoir reçu les influences célestes, les communique à la terre ; le Créateur rassemblant ensuite les eaux, fit apparaître le sec.
D. Combien y a-t-il de cieux ?
R. Il n’y en a proprement qu’un : à savoir, le firmament séparateur des eaux d’avec les eaux ; cependant, on en admet trois. Le premier, qui est depuis le dessus des nues, où les eaux raréfiées s’arrêtent et retombent jusqu’aux étoiles fixes, et dans cet espace sont les planètes et les étoiles errantes. Le second, qui est le lieu même des étoiles fixes, le troisième, qui est le lieu des eaux surcélestes.
D. Pourquoi la raréfaction des eaux se termine-t-elle au premier ciel, et ne monte-t-elle pas au delà ?
R. Parce que la nature des choses raréfiées est de s’élever toujours en haut, et parce que Dieu, dans ses lois éternelles, a assigné à chaque chose sa propre sphère.
D. Pourquoi chaque corps céleste tourne-t-il invariablement comme autour d’un axe sans décliner ?
R. Cela ne vient que du premier mouvement qui lui a été imprimé, de même qu’une masse pesante mise en balan et attachée à un simple fil, tournerait toujours également, si le mouvement était toujours égal.
D. Pourquoi les eaux supérieures ne mouillent-elles point ?
R. A cause de leur extrême raréfaction, c’est ainsi qu’un savant chimiste peut tirer plus d’avantages de la science de la raréfaction que de toute autre.
D. De quelle manière est composé le firmament, ou l’étendue ?
R. Le firmament est proprement l’air, dont la nature est beaucoup plus convenable à la lumière que l’eau.
D. Après avoir séparé les eaux du sec et de la terre, que fit le Créateur pour donner lieu aux générations ?
R. Il créa une lumière particulière destinée à cet office, qu’il plaça dans le feu central et tempéra ce feu par l’humidité de l’eau et la froideur de la terre, afin de réprimer son action, et que sa chaleur fut plus convenable au dessein de son auteur.
D. Quelle est l’action de ce feu central ?
R. Il agit continuellement sur la matière humide qui lui est la plus voisine, dont il fait élever une vapeur qui est le Mercure de la nature, et de la première matière des trois règnes.
D. Comment se forme ensuite le Soufre de la nature ?
R. Par la double action ou plutôt réaction de ce feu central, sur la vapeur mercurielle.
D. Comment se fait le sel de la mer ?
R. Il se forme par l’action de ce même feu sur l’humidité aqueuse, lorsque l’humidité aérienne qui est renfermée vient à s’exhaler.
D. Que doit faire un Philosophe vraiment sage une fois qu’il a bien compris le fondement et l’ordre qu’observa le Grand Architecte de l’univers, pour la construction de tout ce qui existe dans la nature ?
R. Il doit être, autant qu’il se peut, un copiste fidèle de son Créateur ; dans son oeuvre physique, Li doit faire son chaos tel qu’il fut effecti¬vement, séparer la lumière des ténèbres ; former son firmament séparateur des eaux d’avec les eaux, et accomplir enfin parfaitement, en suivant la marche indiquée, tout l’ouvrage de la création.
D. Avec quoi fait-on cette grande et sublime opération ?
R. Avec un seul corpuscule ou petit corps, qui ne contient pour ainsi dire, que fèces, saletés, abominations, duquel on extrait une certaine humidité ténébreuse et mercurielle, qui comprend en soi tout ce qui est nécessaire au Philosophe, parce qu’il ne cherche en effet que le vrai Mercure.
D. De quel Mercure doit-il donc se servir pour l’oeuvre ?
R. D’un Mercure qui ne se trouve point sur la terre, mais qui est extrait des corps, et nullement du mercure vulgaire, comme il a été faussement dit.
D. Pourquoi ce dernier n’est-il pas le plus propre à notre oeuvre ?
R. Parce que l’Artiste sage doit faire attention que le mercure vulgaire ne contient pas en lui la quantité suffisante de Soufre, et que par conséquent il doit travailler sur un corps créé par la nature, dans lequel elle-même aura joint ensemble le Soufre et le Mercure, que l’artiste doit séparer.
D. Que doit-il faire ensuite ?
R. Les purifier et les rejoindre derechef.
D. Comment appelez-vous ce corps-là ?
R. Pierre brute ou Chaos, ou Illiaste ou Hyle.
D. Puisque vous me dites que le Mercure est la seule chose que le Philosophe doit connaître, pour ne pas s’y méprendre, donnez-m’en une description circonstanciée.
R. Notre Mercure, eu égard à sa nature est double, fixe et volatil ; eu égard à son mouvement, il est double aussi, puisqu’il a un mouvement d’ascension et un de descension. C’est l’influence des plantes par laquelle il réveille le feu de la nature assoupie, et c’est son premier office avant sa congé¬lation, par le mouvement d’ascension, il s’élève pour se purifier, et comme c’est après sa congélation, il est considéré alors corme l’humide radical des choses, lequel sous de viles scories ne laisse pas de conserver la noblesse de sa première origine.
D. Combien compte-t-on d’humide dans chaque composé ?
R. Il y en a trois : 1 - l’élémentaire, qui n’est proprement que le vase des autres éléments 2 - le Radical, qui est proprement l’huile ou le baume dans lequel réside toute la vertu du sujet 3 - l’Alimentaire, c’est le véritable dissolvant de la nature, excitant le feu interne, assoupi, causant par son humidité la corruption et la noirceur, et entretenant et alimentant le sujet.
D. Combien les Philosophes ont-ils de sortes de Mercure ?
R. Le Mercure des Philosophes se peut considérer sous quatre égards, au premier, on l’appelle le Mercure des corps, c’est précisément la semence cachée ; le second, le Mercure de la nature, c’est le bain ou le vase des Philosophes, autrement dit l’humide radical ; le troisième, le Mercure des Philosophes, parce qu’il se trouve dans leur boutique et dans leur minière, c’est la sphère de Saturne, c’est leur Diane, c’est le vrai sel des métaux, après lequel lorsqu’on l’a acquis, commence seulement la véritable oeuvre philosophique, le quatrième, le Mercure commun, non pas celui du vinaigre mais celui qui est proprement le véritable air des Philosophes, la véritable moyenne substance de l’eau, le vrai feu secret et caché, nommé le « feu commun », à cause qu’il est commun à toutes les minières, qu’en lui consiste la substance des métaux, et que c’est de lui qu’ils tirent leur quantité et qualité.
D. Combien y a-t-il d’opérations dans notre oeuvre ?
R. Il n’y en a qu’une seule qui se réduit à la sublimation, qui n’est autre chose, selon GEBER, que l’élévation de la chose sèche par le moyen du feu, avec adhérence à son propre vase.
D. Quelle précaution doit-on prendre en lisant les Philosophes hermétiques ?
R. Il faut surtout avoir grand soin de ne pas prendre ce qu’ils disent à ce sujet au pied de la lettre, et suivant le son des mots, « car la lettre tue, et l’esprit vivifie ».
D. Quel livre doit-on lire pour parvenir à la connaissance de notre science ?
R. Il faut lire particulièrement tous les ouvrages d’HERMES, ensuite, un certain livre intitulé : « Le Passage de la Mer Rouge » et un autre « L1abord de la Terre Promise ». Parmi les Anciens, il faut lire tout PARAŒLSE, et entre autre son « Sentier Chymique », ou « Manuel de Paracelse », qui contient tous les mystères de la physique démonstrative, et de la plus secrète Cabale. Ce livre manuscrit, précieux et original, ne se trouve que dans la bibliothèque du Vatican, mais SENDIVOGUS a eu le bonheur d’en tirer une copie, qui a servi à éclairer quelques Sages. Il faut lire Raymond LULLE surtout son « Vade Mecum », son dialogue appelé « Arbre de Vie », son testament et son codicille. Mais on prendra garde à ces deux derniers ouvrages, parce que, ainsi que ceux de GEBER et d’ARNAUD DE VILLENEUVE, ils sont remplis de fausses recettes, de fictions inutiles, et d’erreurs sans nombre, leur but en cela, ayant été selon toute apparence, de déguiser davantage la vérité aux ignorants. Le « Turba Philosophorum », qui n’est qu’un ramassis d’anciens auteurs, contient une partie assez bonne, quoiqu’il y ait beaucoup de choses sans valeur. Dans les auteurs du Moyen Age, on doit estimer Sacharie, Trévisan, Roger Bacon et un certain anonyme dont le livre a pour titre « Des Philosophes ». Parmi les auteurs modernes, on doit faire cas de Jean FABRE, François de NATION et de DESPAGNET, ou l’auteur de la « Physique rectifiée », quoiqu’à dire vrai, il ait mêlé dans son livre quelques faux préceptes, et des sentiments erronés.
D. Quand un Philosophe peut-il risquer d’entreprendre l’Oeuvre ?
R. Lorsqu’il saura par théorie tirer d’un corps dissous par le moyen d’un esprit cru, un esprit digeste, qu’il faudra derechef rejoindre à l’huile vitale.
D. Expliquez-moi cette théorie plus clairement.
R. Pour rendre la chose plus sensible, en voici le procédé : ce sera lorsque le Philosophe saura, par le moyen d’un menstrue végétal uni au minéral, dissoudre un troisième menstrue essentiel, avec lesquels réunis, il faut laver la terre, et L’exalter ensuite en quintessence céleste, pour en composer leur foudre sulfureuse, laquelle en un instant, pénètre les corps et détruit leurs excréments.
D. Ceux qui prétendent se servir d’or vulgaire pour la semence, et du mercure vulgaire pour le .dissolvant, ou pour la terre dans laquelle il doit être semé, ont-ils une parfaite connaissance de la nature ?
R. Non, vraiment, parce que ni l’un ni l’autre n’ont en eux l’agent externe : l’or, pour en avoir été dépouillé par la décoction et le mercure pour n’en avoir jamais eu.
D. En cherchant cette semence aurifique ailleurs que dans l’or même, ne risque-t-on pas de produire une espèce de monstre, puisqu’il paraît que l’on s’écarte de la nature ?
R. Il est sans aucun doute que dans l’or est contenue la semence aurifique et même plus parfaitement qu’en aucun autre corps : mais cela ne nous oblige pas à nous servir de l’or vulgaire, car cette semence se trouve pareillement en chacun des autres métaux ; et ce n’est autre chose que ce grain fixe que la nature a introduit en la première congélation du Mercure, tous les métaux ayant une même origine et une matière commune, ainsi que le reconnaîtront parfaitement ceux qui se rendront dignes de le recevoir par leur application et une étude assidue.
D. Que s’ensuit-il de cette doctrine ?
R. Elle nous enseigne que, quoique la semence soit plus parfaite dans l’or, toutefois elle se peut extraire bien plus aisément d’un autre corps que de l’or même, la raison en est que les autres corps sont bien plus ouverts, c’est-à-dire, moins digérés, et leur humidité moins terminée.
D. Donnez-moi un exemple pris dans la nature.
R. L’or vulgaire ressemble à un fruit lequel parvenu à une parfaite maturité a été séparé de l’arbre : quoiqu’il y ait en lui une semence très parfaite et très digeste, néanmoins si quelqu’un pour le multiplier, le mettait en terre, il faudrait beaucoup de temps, de peine, de soins, pour le conduire jusqu’à la végétation ; mais si au lieu de cela, on prenait une greffe ou une racine du même arbre et qu’on la mis en terre, on la verrait en peu de temps, et sans peine végéter et rapporter beaucoup de fruits.
D. Est-il nécessaire à un amateur de cette science de connaître la formation des métaux dans les entrailles de la terre, pour parvenir à former son Oeuvre ?
R. Cette connaissance est tellement nécessaire que, si avant toute autre étude, on ne s’y appliquait pas et l’on ne cherchait pas à imiter la nature en tout point, jamais on ne pourrait arriver à rien faire de bon.
D. Cannent la nature forme-t-elle donc les métaux dans les entrailles de la terre, et de quoi se compose-t-elle ?
R. La nature les compose tous de Soufre et de Mercure, et les forme par leur double vapeur.
D. Qu’entendez-vous par cette double vapeur et comment par cette double vapeur les métaux peuvent-ils être formés ?
R. Pour bien entendre cette réponse, il faut savoir d’abord que la vapeur
mercurielle unie à la vapeur sulfureuse, en un lieu caverneux où se trouve une eau salée qui leur sert de matrice, il se forme premièrement le Vitriol de Nature ; secondement, de ce Vitriol de Nature, par la commotion des éléments,s’élève une nouvelle vapeur, qui n’est ni mercurielle, ni sulfureuse, mais qui tient des deux natures, laquelle en arrivant en des lieux où adhère la graisse du Soufre, s’unit avec elle et de leur union se forme une substance glutineuse, ou masse informe, sur laquelle la vapeur répandue en ces lieux caverneux, agissant par le moyen du Soufre qu’elle contient en elle, il en résulte des métaux parfaits, si le lieu et la vapeur sont purs ; et imparfaits, si au contraire, le lieu et la vapeur sont impurs ; ils sont dits imparfaits, ou non parfaits, pour n’avoir pas reçu leur entière perfection par la coction.
D. Que contient en soi cette vapeur ?
R. Elle contient un esprit de lumière et de feu de la nature des corps célestes, lequel doit être proprement considéré comme la forme de l’univers.
D. Que représente cette vapeur ?
R. Cette vapeur ainsi imprégnée de l’esprit universel, représente assez bien le premier Chaos, dans lequel se trouvait renfermé tout ce qui était nécessaire à la création, c’est-à-dire la matière et la forme universelle.
D. Ne peut-on pas non plus employer l’argent vif vulgaire dans ce procédé ?
R. Non, parce que comme il a déjà été dit, l’argent vif vulgaire n’a pas avec lui l’agent externe. D. D’où provient que l’argent vif vulgaire n’a pas avec lui son agent externe ?
R. De ce que lors de l’élévation de la double vapeur, la commotion est si grande et si subtile, qu’elle fait évaporer l’esprit ou l’agent, à peu près comme il arrive dans la fusion des métaux ; de sorte que la seule partie mercurielle reste privée de son mâle ou agent sulfureux, ce qui fait qu’elle ne peut jamais être transmuée en or par la Nature.
D. Combien de sortes d’or distinguent les Philosophes ?
R. Trois sortes : l’Or Astral, l’Or Elémentaire et l’Or Vulgaire.
D. Qu’est-ce que l’Or Astral ?
R. l’Or Astral a son centre dans le soleil qui le communique par ses rayons, en même temps que sa lumière à tous les êtres qui lui sont inférieurs, c’est une substance ignée et qui reçoit une continuelle émanation des corpuscules solaires qui pénètrent tout ce qui est sensitif, végétatif et minéral.
D. Qu’entendez-vous par Or Elémentaire ?
R. C’est la plus pure et la plus fixe portion des éléments et de toutes les substances qui en sont composées ; de sorte que tous les êtres « sublunaires » des trois genres contiennent dans leur centre un précieux grain de cet or élémentaire.
D. Expliquez-moi l’Or Vulgaire ?
R. C’est le plus beau métal que nous voyons et que la Nature puisse produire, aussi parfait en soi qu’inaltérable.
D. De quelle espèce d’or est la Pierre des Philosophes ?
R. Elle est de la seconde espèce, comme étant la plus pure portion de tous les éléments métalliques après sa purification, et alors il est appelé : or vif philosophique. Outre le parfait équilibre et la parfaite égalité des quatre éléments dans la Pierre Physique, il faut faire nécessairement quatre choses pour l’accomplissement de l’Oeuvre qui sont : composition, altération, mixion et union, lesquelles une fois faites dans les règles de l’art, donneront le Fils Légitime du Soleil, et produiront le Phénix toujours renaissant de ses cendres.
D. Qu’est-ce que l’or vif des Philosophes ?
R. Ce n’est autre chose que le feu du Mercure, ou cette vertu ignée, renfermée dans l’humide radical, à qui il a déjà communiqué la fixité et la nature du Soufre, d’où il est émané, le Soufre des Philosophes ne laissant pas aussi d’être appelé Mercure, à cause que toute sa substance est mercurielle.
D. Quel autre non les Philosophes donnent-ils à leur or vif ?
R. Ils l’appellent aussi leur Soufre vif, ou leur vrai feu, et il se trouve renfermé en tout corps, et nul corps ne peut subsister sans lui.
D. Où faut-il chercher notre or vif, ou notre Soufre vif, et notre vrai feu ?
R. Dans la maison du Mercure.
D. De quoi ce feu vit-il ?
R. de l’air.
D. Donnez-moi une comparaison du pouvoir de ce feu.
R. Pour exprimer cette attraction du feu interne, on ne peut pas donner une meilleure comparaison que celle de la foudre qui n’est d’abord qu’une exhalaison sèche et terrestre, unie à une vapeur humide, mais qui à forcé de s’exalter, venant à prendre la nature ignée, agit sur l’humide qui lui est inhérent, qu’elle attire à elle, et transmue en sa nature, après quoi elle se précipite avec rapidité vers la terre, où elle est attirée par une nature fixe semblable à la sienne.
D. Que doit faire le Philosophe après qu’il aura extrait son Mercure ?
R. Il doit l’amener ou réduire de potentialité en acte.
D. La Nature ne peut-elle pas le faire elle-même ?
R. Non, parce qu’après une première sublimation, elle s’arrête ; de la matière ainsi disposée, s’engendre les métaux.
D. Qu’entendent les Philosophes par leur « Or » et par leur « Argent » ?
R. Les Philosophes donnent le nom d’Or à leur Soufre, et celui d’Argent à leur Mercure.
D. D’où les tirent-ils ?
R. Je vous ai déjà dit qu’ils les tirent d’un corps homogène où ils se trouvent en abondance, et d’où ils savent les extraire l’un et l’autre, par un moyen admirable et tout à fait philosophique.
D. Dès que cette opération sera dûment faite, que doit-on faire ensuite ?
R. On doit faire son amalgame philosophique avec une très grande industrie, lequel pourtant ne peut s’exécuter qu’après la sublimation du Mercure, et sa due préparation.
D. Dans quel temps unissez-vous votre matière avec l’or vif ?
R. Ce n’est que dans le temps qu’on l’amalgame : c’est-à-dire, par le moyen de cet amalgame, on introduit en lui le Soufre, pour ne faire ensemble qu’une seule substance, et par l’addition de ce Soufre, l’ouvrage est abrégé, et la teinture augmentée.
D. Que contient le centre de l’humide radical ?
R. Il contient et cache le Soufre qui est couvert d’une écorce dure.
D. Que faut-il faire pour l’appliquer au Grand Oeuvre ?
R. Il faut le tirer de ses prisons avec beaucoup d’art, et par la voie de la putréfaction. D. La Nature a-t-elle dans les mines un menstrue convenable, propre à dissoudre et à délivrer ce Soufre ?
R. Non, à cause qu’il n’a pas un mouvement local, car si elle pouvait derechef dissoudre, putréfier et purifier le corps métallique, elle nous donnerait elle-même la Pierre Physique, c’est-à-dire, un Soufre exalté et multiplié en vertu.
D. Cannent m’expliqueriez-vous par un exemple, cette doctrine ?
R. C’est encore par la comparaison d’un fruit ou d’un grain, qui est derechef mis dans une terre convenable peur y pourrir, et ensuite pour multiplier ; or, le Philosophe qui connaît le bon grain, le tire de son centre, le jette dans la terre qui lui est propre, après l’avoir bien fumée et préparée et là, il se subtilise tellement que sa vertu prolifique s’étend et se multiplie à l’infini.
D. En quoi consiste donc tout le secret pour la semence ?
R. A bien connaître la terre qui lui est propre.
D. Qu’entendez-vous par la semence dans l’Oeuvre des Philosophes ?
R. J’entends le chaud inné, ou l’esprit spécifique enfermé dans l’humide radical, ou la moyenne substance de l’argent vif qui est proprement le sperme des métaux, lequel renferme en lui sa semence.
D. Cannent délivrez-vous le Soufre de ses prisons ?
R. Par la putréfaction (fermentation).
D. Quelle est la terre des minéraux ?
R. C’est leur propre menstrue.
D. Quel soin doit avoir le Philosophe pour en tirer le parti qu’il désire ?
R. Il faut qu’il ait un grand soin de la purger de ses vapeurs fétides et soufres impurs, après quoi il y jette la semence.
D. Quel indice peut avoir l’artiste qu’il est sur le bon chemin au commencement de son Oeuvre.
R. Quand il verra qu’au temps de la dissolution, le dissolvant et la chose dissoute demeurent ensemble sous une même forme et matière.
D. Combien de solution ? Y a-t-il dans l’Oeuvre Philosophique ?
R. Il y en a trois : la première est celle du corps cru et métallique par laquelle il est réduit dans ses principes de Soufre et d’Argent Vif ; la seconde, celle du corps physique et la troisième, celle de la terre minérale.
D. Cannent par la première solution peut-on réduire un corps métallique en Mercure, et puis en Soufre ?
R. Par le feu occulte artificiel ou l’Etoile flamboyante.
D. Comment se fait cette opération ?
R. En tirant d’abord du sujet, le Mercure, ou la vapeur des éléments ; et après l’avoir purifié, s’en servir pour sortir le Soufre de ses enveloppes par la voie de la corruption, dont le signe est la noirceur.
D. Comment se fait la seconde solution ?
R. Quand le corps physique se résout avec les deux substances susdites, et acquiert la nature céleste.
D. Quel nom donnent les Philosophes à la matière dans ce temps ?
R. Ils l’appellent leur Chaos Physique et pour lors, c’est la vraie Première Matière qui n’est proprement dite telle qu’après la jonction du mâle, qui est le Soufre et de la femelle, qui est le Mercure, et non pas auparavant.
D. A quoi se rapporte la troisième solution ?
R. Elle est l’humectation de la terre minérale, et elle à un entier rapport à la multiplication.
D. De quel feu doit-on se servir dans notre Oeuvre ?
R. Du feu dont se sert la Nature.
D. Quel pouvoir a ce feu ?
R. Il dissout toute chose dans le monde, parce qu’il est le principe de toute dissolution et corruption.
D. Pourquoi l’appelle-t-on aussi Mercure ?
R. Parce qu’il est de nature aérienne, et une vapeur très subtile parti¬cipant toutefois du Soufre, d’où il a tiré quelques souillures.
D. Où est caché ce feu ?
R. Il est caché dans le sujet de l’art.
D. Qui est-ce qui peut connaître et former ce feu ?
R. Le Sage sait construire et purifier ce feu.
D. Quel pouvoir et qualité ce feu a-t-il en soi ?
R. Il est très sec et dans un continuel mouvement, et ne demande qu’à corrompre et à tirer les choses de puissance en acte, c’est lui enfin, qui, rencontrant dans les mines des lieux solides, circule en forme de vapeur sur la matière et la dissout.
D. Cannent connaîtrait-on plus facilement ce feu ?
R. Par les excréments sulfureux où il est enfermé et par l’habillement salin dont il est revêtu.
D. Que faut-il faire à ce feu pour qu’il puisse mieux s’insinuer dans le genre féminin ?
R. A cause de son extrême siccité, il a besoin d’être humecté.
D. Combien y a-t-il de feux philosophiques ?
R. Il y en a de trois sortes qui sont le naturel, 1’innaturel et le contre naturel.
D. Expliquez-moi ces trois sortes de feu.
R. Le feu naturel est le feu masculin, ou le principal agent ; l’innaturel est le féminin ou le dissolvant de nature, nourrissant et prenant la forme de fumée blanche, laquelle s’évanouit aisément quand le feu est sous cette forme et si on n’y prend bien garde, il est presque incompré¬hensible, quoique par la sublimation philosophique, il devienne corporel et resplendissant ; le feu contre nature est celui qui corrompt le composé, et a le pouvoir de délier ce que la nature avait fortement lié.
D. Où se trouve notre matière ?
R. Elle se trouve partout, mais il faut la chercher spécialement dans la nature métallique, où elle se trouve plus facilement qu’ailleurs.
D. Laquelle doit-on préférer à toutes les autres ?
R. On doit préférer la plus mûre, la plus propre et la plus facile, mais il faut prendre garde surtout que l’essence métallique y soit non seulement en puissance, mais aussi en acte, et qu’il y ait une splendeur métallique.
D. Tout est-il renfermé dans ce sujet ?
R. Oui, mais il faut pourtant secourir la Nature, afin que l’ouvrage soit mieux et plus tôt fait, et cela par les moyens que l’on connaît dans les autres grades d’expériences.
D. Ce sujet est-il d’un grand prix ?
R. Il est vil et n’a d’abord aucune élégance en soi, et si quelques-uns disent qu’il est vendable, ils ont égard à l’espèce, mais au fond il ne se vend point parce qu’il n’est utile que pour notre Oeuvre.
D. Que contient notre matière ?
R. Elle contient le Sel, le Soufre et le Mercure.
D. Quelle est l’opération qu’on doit apprendre à faire ?
R. Il faut savoir extraire le Sel, le Soufre et le Mercure l’un après l’autre.
D. Cornent cela se fait-il ?
R. Par la seule et complète sublimation.
D. Qu’extrait-on d’abord ?
R. On tire d’abord le Mercure en forme de fumée blanche.
D. Que vient-il après ?
R. L’eau ignée ou le Soufre.
D. Que faut-il faire ensuite ?
R. Il faut le dissoudre avec le Sel purifié, rendant volatil d’abord le fixe et puis fixant le volatil en terre précieuse, laquelle est le véritable vase des Philosophes et de toute perfection.
D. Quelle heure est-il quand le Philosophe commence son travail ?
R. Le point du jour, car il ne doit jamais se relâcher de son activité.
D. Quand se repose-t-il ?
R. Quand l’Oeuvre est à la perfection.
D. Quelle heure est-il à la fin de l’ouvrage ?
R. Midi plein, c’est-à-dire l’instant où le soleil est dans sa plus grande force, et le fils de cet astre en sa plus brillante splendeur.
D. Quel est le mot de la magnésie ?
R. Vous savez si je puis et dois répondre à la question, « je garde la parole »
D. Donnez-moi le mot des ralliements des Philosophes.
R. Commencez, je vous répondrai.
D. Etes-vous apprenti-Philosophe ?
R. Mes amis et les Sages me connaissent.
D. Quel est l’âge d’un Philosophe ?
R. Depuis l’instant de ses recherches, jusqu’à celui de ses découvertes, il ne vieillit point.

FIN